Le cap des 80 ans
Dans mon quartier, il y a beaucoup de personnes agées - 80, 90 ans - On les voit trottiner le matin, allant chercher leur pain, un cabas à la main.
C'est ainsi que j'ai fait la connaissance de Mimi, une des voisines, 87 ans, ayant eu 8 enfants, qui sont maintenant dispersés. Elle vivait avec un de ses enfants, mais ne s'est plus entendue avec une de ses belles-filles et a décidé de retourner vivre et mourir là où elle est née. C'est ainsi qu'elle habite à une rue de là où vivaient ses parents.
Mimi, comme la plupart des vieilles personnes de ma ville est une femme simple. Le mari était ouvrier, elle est restée à la maison pour élever ses 8 enfants qui ont tous fait de bonnes études. Son mari l'a quittée quand elle avait 55 ans - Et comme elle n'a officiellement pas "travaillé", elle n'a qu'une très petite retraite : 1040 € - après avoir payé le loyer, le chauffage etc.. il lui reste 300 € pour vivre
Elle a toujours été très active, voyageant beaucoup, lisant, allant à des expositions, visitant ses enfants et petits enfants.
La vie de Mimi a changé autpour de ses 80 ans. Elle a chuté et ne peut plus faire trop de choses. Prendre le train, voyager, marcher autre part que dans son quartier, tout lui fait peur maintenant - Elle a peur de tomber, que personne ne l'aide, ...
Elle me disait l'autre jour : "80 ans est vraiment un cap - Après, les années comptent double - On se sent fragile - Le bruit, la vitesse, tout fait un peu peur - Mais surtout on sait que la mort nous attend, notre temps est compté, je vais mourir ici"
Tout le quartier aime Mimi - C'est à qui lui fera ses courses, lui donnera un bout de gateau fraichement cuit, l'invitera à profiter du jardin - Une vraie vie de quartier, quoi ...
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