Mort du chef de famille
Je ne sais si vous etes comme moi, mais il me semble que je suis dans une tourmente d'enterrements. Des gens plus ou moins proches, mais souvent dans leur 80e année et souvent le ou la patriarche de la famille.
C'est encore arrivé le we dernier. Un frère de ma mère, un vrai patriarche tel qu'on n'en voit plus tellement : 8 enfants, 19 petits enfants, une vraie famille; puis ses frères et soeurs, neveux et nièces ...
Un homme qui avait vécu toute sa vie dans le meme village, et tout le village était là pour lui rendre hommage. Tous les voisins, les membres de ses différents clubs, ses copains d'enfance. Tout le monde avait tenu à etre là.
Comme il avait eu cancer généralisé, il s'était vu mourir et il avait tout préparé. La messe, avec ses chants et les messages, le vin d'honneur, le repas de famille, les fleurs, le caveau, il avait tout décidé et on avait vraiment l'impression qu'il était là parmi nous.
Au cours de tous ces mois d'agonie où il était à l'hopital, ses enfants s'étaient relayés, ne le laissant jamais seul, meme pas la nuit. Ils avaient fait un planning et étaient tous là à l'heure dite. Pas de tir au flanc.
Ils trouvaient extremement important d'etre avec leur père le plus souvent possible, jusqu'au dernier moment, pour lui dire combien il leur était précieux.
Et je me suis mis à penser à tous ces gens qui meurent seuls, sans vraiment de famille autour d'eux, dans une ville où personne ne se connait, où personne ne se parle. Je pensais à ma voisine qui vit seule dans le Nord, ses enfants étant répartis sur tout la France, voisine qui tombe régulièrement dans son petit appartement, et n'a plus qu'a espérer que quelqu'un viendra la voir.
Je pensais à toutes ses personnes agées qui n'ont plus la chance d'avoir un conjoint et qui disparaissent sans que personne ne s'en rende compte.
Et je me disais combien mes neveux et nièces avaient eu de la chance de pouvoir dire au revoir
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