On parle beaucoup des aidants en ce moment, et c’est une bonne chose.
On en parle un peu plus encore avec les annonces concernant le Plan Alzheimer, Plan voulu par le Gouvernement.
Mais qui sont les aidants ?
Il y a 6 millions d’aidants en France, dont 60% d’aidants familiaux, soit de l’ordre de 3 700 000 personnes. Ce n’est pas rien !
La définition veut qu’un aidant familial s’occupe, à temps partiel ou totalement, et à titre gracieux d’une personne âgée ou malade, et ce pour ses activités quotidienne. Cela peut concerner les courses, le ménage, le lever et la toilette, le suivi quotidien, les promenades …
A 77%, les aidants sont des femmes et 28% travaillent en même temps.
Leur moyenne d’âge est de 71 ans s’il s’agit du conjoint (25% des cas) et de 55 ans si ce sont les enfants (ce cas concerne 2,2 millions de personnes!)
Ce qui rend la position d’aidant si difficile est que la situation dure très longtemps (en moyenne 7 ans) et que le malade a besoin de vous tous les jours. C’est usant. Pas de repos, pas de divertissement, et peu de vacances (45% des aidants ne peuvent plus en prendre). Vous devenez le pivot, le coordinateur des taches à faire et des aides soignants qui viennent le voir.
La situation empire encore quand l’aidant cohabite avec la personne malade (dans 55% des cas). En cas de maladie d’Alzheimer, 36% des conjoints prennent des somnifères et 24% des enfants prennent des tranquillisants.
C’est l’état de santé et les relations de toute la famille qui s’en trouvent détériorées.
Je pense toujours à Fabienne, ma coiffeuse. Nous nous connaissons depuis 15 ans et nous nous parlons. Fabienne est mariée et a 3 enfants. Depuis 10 ans, elle a réduit son activité professionnelle à 4 jours par semaine, car elle est un « aidant primaire ».
A 10 km de chez elle, elle s’occupe de son père qui est Alzheimer, de sa mère qui a 90 ans et n’a plus beaucoup de forces et de sa sœur qui est handicapée. La mère ne veut pas que son mari soit placé en institution et ne veut pas non plus partir en maison de retraite.
Fabienne est donc en charge de l’organisation quotidienne de ses parents et de sa sœur, en plus de son mari, de ses enfants et de son métier.
Quand nous avons l’occasion de parler, elle me dit combien elle souffre de ne jamais avoir de temps pour elle, de courir tout le temps, de ne pas pouvoir prendre de vraies vacances. Mais surtout elle se sent coupable et coupable à double titre.
Coupable vis-à-vis de son mari et de ses enfants car le temps passé avec eux est trop court. Elle manque de disponibilité et n’est jamais vraiment détendue.
Coupable vis-à-vis de ses parents car elle sent bien leurs reproches non verbaux quand elle part pendant un week end avec ses enfants, quand elle ne peut venir les voir immédiatement s’il y a un problème.
Elle aimerait bien, comme tout le monde, avoir un peu de temps pour elle, flâner, faire les magasins, aller au cinéma. Elle a l’impression de n’avoir plus de vie.
Fabienne a 55 ans et elle fatigue. Elle se dit qu’elle ne pourra plus tenir longtemps à ce rythme. Elle fatigue et elle déprime car elle se sent vraiment seule …
Si vous etes aidant et voulez partager votre expérience avec nous, écrivez nous - Ce blog vous est ouvert
Étant moi-même en situation d'aide auprès de ma mère de 90 ans (j'en ai 53), je suis en recherche de moyens concrets pour l'aider à se sentir vivante malgré les pertes qui ne manquent pas bien sûr de se produire. Nous, mon frère et moi, parlons de poussées de décroissance, à l'image des poussées de croissance des enfants. C'est une façon d'imager et d'apprendre à apprivoiser les pertes que notre mère vit de plus en plus et de les intégrer dans notre façon de l'accompagner. / Je viens de découvrir, avec beaucoup de joie, votre site! Bravo! Comme c'est intéressant et rassurant de pouvoir lire l'expérience d'autres personnes et aussi de voir toutes les initiatives et les offres qui existent déjà dans certains milieux. Étant du Québec, il nous est facile d'aller faire un petit tour du côté de Trois-Rivières pour tenter de visiter ce centre qui répond à tant de nos attentes! À voir si nous pourrons en rapporter des idées pratiques à appliquer dans le quotidien de la résidence où vit notre mère pour lui permettre de se sentir vivre et, avec elle, quelques autres pensionnaires qui trouvent le temps bien long. Merci pour ce site si bien documenté! J'y reviendrai et le ferai connaître autour de moi! Au plaisir! Cécile R.
Rédigé par: Cécile R | 28 novembre 2008 à 05:57
je promets que je vais vous mettre d'autres exemples.
Merci pour vos encouragements - Cristelle
Rédigé par: Cristelle | 28 novembre 2008 à 10:55