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  • Suzanne Braun Levine: Inventing the rest of our lives

Etudes, Documents

28 juillet 2008

Les critères de choix des lieux de retraite

Après 2-3 semaines de repos, me voici de nouveau au poste et heureuse d’être de nouveau parmi vous.

 

Je viens de recevoir une étude sur les lieux de retraite favoris des américains. On n’y trouve pas tout à fait les mêmes critères de choix qu’en France, ce qui rend l’étude encore plus intéressante à observer. www.aarp.org

 

En haut de la liste arrivent un certain nombre de villes universitaires. Cela peut paraitre surprenant, mais, à la réflexion, cela semble un bon critère. Les villes universitaires ont souvent des facultés de médecine et des centres de recherche équipés des dernières technologies. Il y a donc souvent un réseau médical performant.

Il y a aussi beaucoup d’étudiants, et donc de jeunesse, de cafés sympas, de restaurants trendy, de vie culturelle ouverte à tous et souvent pas trop chère, mais aussi des équipements sportifs, des pistes cyclables … Ce sont également des villes où l’on peut reprendre des cours, s’instruire, faire partie de projets pédagogiques.

 

Les villes du sud des US ont moins la cote, même si certaines d’entre elles comme Santa Fé, (New Mexico) ou Naples (Floride) attirent toujours.  Une des raisons semble être la forte concentration de personnes à la retraite et la nourriture. Il s’agit d’états où on retrouve le plus fort taux d’obésité.

 

En fait, les gens prenant leur retraite recherchent des communautés, des villes, souvent moyennes, où ils puissent trouver suffisamment de couverture médicale, des villes ayant un système de transport qui ne les oblige pas forcément à prendre leur voiture, des villes ayant une communauté de jeunes et où la vie ne soit pas trop chère.

Ils souhaitent également ne pas s’éloigner trop de leur famille, enfants, petits enfants, ou amis de toujours. Ou alors, que les déplacements soient faciles.

 

L’on se dit alors que les villes d’origine industrielle n’ont pas leur chance. Tout au moins, aux US, ceci n’est pas vrai. Les villes industrielles du Rust Belt (ceinture de rouille !) accueillent de plus en plus de retraités . Ce sont des villes telles que Milwaukee, (Wisconsin), Ann Harbor (Michigan), Madison (Wisconsin),  Fargo (North Dakota), Minneapolis-Saint Louis (Minnesota). C’étaient des villes d’industries lourdes, des villes sidérurgiques pour certaines.

Il y a encore 15 ans, personne n’aurait songé à ces villes comme étant des lieux préférés pour prendre se retraite !

Les conditions climatiques ne sont pas forcément les premiers critères. C’est ainsi que Portland (Oregon) et Atlanta (Georgia) sont au top de la liste, alors qu’il pleut un jour sur 2 à Portland et que l’été est terriblement chaud et humide à Atlanta.

 

Quand on dit que les boomers partant à la retraite vont le faire d'une manière totalement différente de leurs ainées !

 

 

 

19 juin 2008

Donner un sens à sa retraite

J’ai beaucoup voyagé ces dernières semaines, faisant de nombreuses conférences sur le marketing aux seniors et surtout comment concevoir et adapter des produits et services pour les besoins o combien différents de 55 à 90 ans.

 

Quand je voyage, je cherche toujours à loger dans des hôtels de charme ou rester dans des B&B aux propriétaires accueillants.

 

C’est ainsi que j’ai rencontré Geneviève, propriétaire d’un B&B dans la région de Marseille.

 

Son histoire est tellement en accord avec tout ce qui se passe actuellement dans cette génération des 55-65 ans, que je ne peux m’empêcher de vous la raconter. C’est pour cela que Geneviève ne s’appelle pas réellement Geneviève.

 

Geneviève a maintenant 62 ans. Pendant toute sa vie, elle a vécu à Marseille. Elle travaillait, s’est mariée avec Jacques avec qui elle a vécu 30 ans et a eu 3 enfants.

 

Puis, Jacques est parti à la retraite alors qu’elle a continué à travailler encore pendant un an. Ensemble, ils ont réfléchi à ce qu’ils voulaient faire des 20-30 ans qu’il leur restait à vivre. Ils réfléchissent également à leur relation, chacun d’entre eux ayant eu une vie très active et leur temps commun étant devenu pauvre.

 

Ils décident alors de passer plus de temps dans une ferme qui était dans la famille, dans l’arrière pays. De ferme, elle n’avait plus que le nom puisqu’elle était assez en ruine et  il ne restait plus qu’un grand bout de jardin à la place des terres.

 

Jacques s’attelle à la reconstruction. Quelques mois plus tard, Geneviève part elle aussi à la retraite et se joint à ce projet de reconstruction. Puis, tout d’un coup, les choses se compliquent.

 

Jacques tombe malade et meurt très rapidement. A 58 ans, Geneviève se retrouve toute seule, sans vraiment beaucoup de but dans la vie. Les enfants sont partis, ont leur propre famille, elle a arrêté de travailler. Elle si active se retrouve avec des journées vides, sans obligations, sans véritable élan. La dépression arrive.

 

La suite de l’histoire est très positive. Geneviève décide de se donner un but, investit tout son argent dans la reconstruction de la ferme et la transforme en B&B. Non pas tant pour l’argent que pour la possibilité de rencontrer d’autres personnes, d’avoir quelqu’un à qui parler, d’avoir des obligations dans la journée, d’avoir une activité.

 

Elle regrette beaucoup Jacques car la solitude est forte. Le dialogue, la complicité lui manquent cruellement. Mais elle a repris gout à la vie et s’est reconstruite. Elle a donné un sens à sa retraite en passant beaucoup de temps avec ses petits enfants et en gérant son B&B.

22 mai 2008

30 janvier 2008

Jeanne Moreau

Je ne sais si vous avez vu l’émission d’Arte sur Jeanne Moreau. J’avoue avoir été bouleversée par elle.

D’abord, je l’ai trouvée belle. Elle est née en janvier 1928 et a donc 80 ans. Mais il y avait tellement d’intelligence et d’humanité sur son visage, qu’elle m’a émue.

J’ai été frappée par son intelligence. Ginette Vincendeau, un jour, a déclaré que Bardot représentait le sexe, Deneuve l’élégance et Moreau la féminité intellectuelle.

Ce qui frappe, c’est sa jeunesse d’esprit, son enthousiasme pour les jeunes générations, son coté mystique. Elle a dit au cours de l’entretien : « Quand je vois de jeunes interprètes, qui ont de l’allure, une grande finesse, ça m’émeut ».

Elle compare la vie à un jardin. Nous naissons avec un jardin en friche et quand nous partons, nous laissons un jardin plus ou moins beau, avec des tomates, des aromates, des fleurs. Mais laissons lui la parole : « La vie est donnée pour quelque chose, depuis l’enfance. Ce qui nous est donné à vivre est un trésor. C’est facile de dire le contraire en se laissant gagner par les lieux communs. » - « Oui, la carrière est un jardin. Tantôt à la française, tantôt à l’anglaise. Dans un jardin, il faut que les plantes vivent, il faut penser aux plantes aromatiques. C’est une initiation, un parcours. Quand on s’en va, on laisse derrière soi un jardin plus ou moins beau ».

C’est beau et vrai, n’est ce pas ?

Elle parle aussi de la vieillesse : « Je ne déteste pas vieillir. Je ne déteste pas ce qui est inéluctable. J’aime le destin ».

Par contre, elle ne veut pas représenter une image de la femme dégradante. Elle a refusé des rôles pour cette raison. De même « qu’arrivée à l’age de 45 ans, j’ai refusé beaucoup de rôles qui dépréciaient l’image de la femme ».

Elle trouve aussi qu’avec l’age, elle a fait des progrès : « J’ai une concentration plus immédiate, j’ai plus de souplesse pour m’adapter au style des réalisateurs, je comprends mieux la nature des autres ».

J’ai choisi 2 photos d’elle : l’une récente où on voit bien son coté malicieux, gourmand de la vie. L’autre est une pochette du disque de son plus grand succès Jules & Jim.

Bravo !  J’aimerais vous ressembler à votre age

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29 janvier 2008

Nos "jeunes" parents de 80 ans

Hier soir, mon ami Bertrand fêtait ses 81 ans – Bon pied, bon œil, superbe regard bleu, beaucoup de charme.

Il avait réuni autour de lui un certain nombre de ses amis, tous entre 75 et 85 ans. Repas agréable, ambiance détendue, conversation intellectuelle.

Au moment du dessert, par je ne sais quel biais, on en est venus à parler de la guerre.

Celle de 39-45, que tous avaient vécue alors qu’ils étaient enfants ou adolescents. Et qui les a beaucoup marqués.

En fait, on en venus à la guerre par le biais des vitamines et des compléments alimentaires que tous prennent. Il y a eu le souvenir des cueilleres d’huile de foie de morue, qui sentait tellement mauvais, pas comme maintenant où on a fait de l’huile sans odeur et goût.

Il y a eu le souvenir de ces gâteaux vitaminés qui étaient donnés aux enfants, et qu’ils étaient obligés de manger même s’ils ne les aimaient pas. Sans parler du rutabaga et des salsifis.

Je ne m’étais jamais rendu compte à quel point chacun avait été marqué par la guerre, sur le point physique à cause du manque de vitamines et des repas peu équilibrés. Ceux qui avaient des parents à la campagne étaient bien mieux lotis que les autres.

Du point de vue psychologique mais aussi éducatif. Beaucoup n’ont pas eu la chance de poursuivre des études comme ils l’auraient voulu.

Ce qui m’a frappé hier soir, c’est combien ils sont en forme physiquement et prêts à vivre pleinement les années qui restent. Physiquement, quelle différence avec la génération précédente !

22 janvier 2008

Nos parents qui ont 80 ans+ (2)

Quand on interroge les baby boomers sur leurs parents de 80 ans et plus, on est saisi par ces histoires de vie.

Claude : «  Mon père perd la tête et devient un gamin. Cela fait tout drôle de voir son père retomber en enfance, alors qu’il a toujours été un père plutôt sévère et distant. Il est devenu plus enfant que mes propres enfants. Comme j’ai eu des enfants tard et qu’ils sont adolescents, je ne m’y retrouve plus dans ce jeu des générations. Je n’arrive plus à me situer ».

Brigitte : « Mes enfants sont grands et je ne les ai plus à charge. Par contre, mon frère s’est remarié et a des jeunes enfants en plus de ses grands enfants. Je paye pour notre mère depuis plusieurs années. Je trouve cela très lourd et très injuste puisque mon frère ne participe pas ».

Frédérique : « Ma mère et moi n’avons jamais eu des relations très proches. On pouvait facilement ne pas se parler pendant 6 mois. Et tout d’un coup, il faut que je m’occupe d’elle tous les jours, puisqu’elle n’a eu que moi. Je n’habite pas trop loin, mais je dois vraiment passer chez elle tous les jours. Comment faire face à cette inconnue qui est ma mère ? Nous n’avons rien à nous dire. Toute la relation est à rebâtir. »

Marie : « Le plus dur c’est de devoir déshabiller mon père. C’est un vieil homme qui a sa pudeur. Mais il ne peut plus se déshabiller tout seul. Aller aux toilettes, va encore. Mais prendre une douche ou un bain seul est devenu impossible. Etre déshabillé par sa fille, quelle honte pour lui ! Quelle situation difficile pour moi ! Surtout que l’on est une famille où on ne se touchait pas beaucoup. Je ne les avais jamais vus autrement qu’habillés. »

Françoise : « A chaque fois que je dois m’occuper de la toilette de ma mère, c’est l’angoisse. Voir sa mère devenir une petite fille, tout en ayant un corps nu de 85 ans, c’est affreux ».

Et vous ? etes vous en charge de vos parents ? Comment vivent-ils et vivez vous cela ?

20 janvier 2008

Nos parents qui ont 80 ans+

Hasard des rencontres et des rendez-vous. Cette semaine, toutes les personnes entre 45 et 60 ans que j’ai rencontrées ont de gros soucis avec leurs parents qui sont tous âgés de plus de 80 ans.

Papa malade et maman fatiguée de s’occuper de son mari, maman seule et qui commence à perdre la tête, parents en maison de retraite et qui ont du mal à s’y faire …

Gros soucis, énormes soucis. Maman qui vit seule et qui n’a plus d’argent. Marie, la fille, qui subventionne sa maman, alors que le fils, le frère de Marie, ayant encore des enfants à charge n’a pas les moyens de participer. Tensions qui se créent entre Marie et son frère.

Gros soucis, énormes soucis. Maman qui vit seule et qui a des problèmes de santé. La maman de Frédérique, ma coiffeuse, a glissé et s’est retrouvée par terre. Incapable de se relever, elle est restée à terre, seule et terrorisée, pendant 18 heures. 18 heures, c’est terriblement long quand on est seule et que l’on ne sait pas quand les secours vont arriver. Frédérique, inquiète de ne pouvoir joindre sa mère au téléphone pendant toute une journée, a fini par prendre sa voiture et faire les 250 km pour aller la voir.

Gros soucis, énormes soucis. Papa qui perd la tête et qui disparaît, sans se souvenir de son adresse. Bien sur, il ne sait comment revenir chez lui. Maman, 79 ans, doit partir à sa recherche ou attendre que quelqu’un le ramène.

Récemment, nous avons beaucoup travaillé sur les services à la personne pour les aînés. Nous avons fait beaucoup d’interviews et d’études auprès des personnes de 55-60 ans dont les parents ont besoin d’aide et de soins à domicile.

A 43%, ce sont les parents qui refusent que quelqu’un d’étranger vienne chez eux et donc refusent les services à la personne.

35% des interviewés ont des parents ayant fait des chutes et qui se sont retrouvés par terre pendant parfois un long moment.

13 janvier 2008

Le role des seniors dans la vie sociale

Je viens de passer 3 semaines en Argentine et une des choses qui m'a beaucoup frappé est la place des seniors dans la vie sociale, culturelle et économique.

En fait, ils sont totalement intégrés dans cette vie sociale. Beaucoup d'entre eux travaillent, chauffeurs de taxis, restaurateurs, serveurs, gardiens de musées ... Ils travaillent et trouvent cela normal et sont heureux de travailler.

Beaucoup de chauffeurs de taxis sont seniors. En les interrogant et en discutant avec eux, ils vous disent carrément que, pour eux, c'est l'occasion de rencontrer et de discuter avec du monde. Ils font d'ailleurs l'effort d'essayer de parler anglais avec vous. Beaucoup sont droles, vous racontent leurs vies passées, en tant que journalistes, architectes, reporters de TV. C'est leur 2e ou 3e vie, en quelque sorte. Mais on ne sent pas d'amertume, de regrets.

Ce qui m'a frappé aussi, c'est le nombre de cafés, restaurants où les seniors viennent prendre leur café du matin, comme si c'était un lieu d'habitude. Ils y sont connus, reconnus, on leur demande comment ils vont. Il y a un réel échange.

Enfin, je n'ai pas vu de séparation des générations. Elles se parlent, se retrouvent dans de memes lieux. La famille joue un role important et les enfants, petits enfants vont voir les ainés.

Peut etre est ce parceque beaucoup de ces argentins sont venus d'Italie, d'Espagne ou d'Europe centrale et qu'ils ont gardé cette tradition de la famille.

11 décembre 2007

L'envie et le besoin de plaire des femmes de plus de 50 ans

J'ai ici, plusieurs fois, parlé du besoin et du désir très profond des femmes de 50 ans de plaire et de séduire.

Je parle surtout des femmes, mais c'est de plus en plus le cas des hommes aussi. Parce qu'ils veulent encore plaire, parce qu'ils veulent se sentent encore jeunes, parce qu'ils cherchent une nouvelle compagne suite à un divorce ou une séparation. Et qui se tournent de plus en plus vers les produits de beauté.

Nous travaillons pour des marques de produits de beauté et dirigeons donc de nombreuses études auprès des personnes de plus de 50 ans. Et ce qui revient toujours et toujours, c'est "je veux plaire" "je veux séduire" "je veux etre bien dans ma peau" "je veux me sentir féminine".

Et ceci est vrai que l'on s'adresse à la femme de 55 ans ou à la femme de 70 ans. Le désir de séduire ne s'arrete pas.

On trouve les memes résultats quand on travaille sur les vetements, la mode, les accessoires.

Les personnes de 55 ans+ veulent faire attention à elles, "ne pas se laisser aller" "ne pas faire mon age" "rester jeune et alerte"

J'aime cette volonté affirmée de se sentir bien dans sa peau et de davantage prendre soin de soi -

Mais, comme me le disait une de mes amies "les frais de maintenance sont plus élevés, mais ça vaut la peine

16 septembre 2007

La surprise de se voir vieillir

J'ai plusieurs parlé de la surprise des 55/60 ans de se voir vieillir, ou d'etre traités comme des "Vieux";

J'en ai parlé en mars 2007, et vous le trouverez en cliquant sur http://crystal-link.typepad.com/une_nouvelle_vie/2007/03/la_surprise_de_.html   mais aussi sur http://crystal-link.typepad.com/une_nouvelle_vie/2007/2003/scnes_de_bar.html

Bien qu' en anglais, je ne peux m'empecher de partager avec vous ce poème qui traite du regard que nous renvoie notre mirroir . Il s'agit d'un poème de Jane Wass, sur la différence entre la façon dont vous vous voyez et ce que vous ressentez à l'intérieur

I look in the mirror

"I look in the mirror and what do I see?

Not the 20 year old/ laughing & joking / and drinking with friends

Not the 30 year old / changing nappies, cuddling / and feeding the ducks

Not the 40 year old / trying to resolve / those teenage blues

Not the 50 year old / with confidence, freedom / and time to myself

Who is this person looking at me?

The body has changed / surely not mine / But etched on the face, / In every line, / Is a lifetime of learning,/ Wisdom and knowledge, / Of sadness & Joy, / Understanding & Love.

She's looking at me / I know her so well. / Just look in her eyes, / She has so much to tell."